lundi 16 octobre 2017

Lecture commune - La Forêt mouillée de Victor Hugo

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Durant l'horrifique marathon livresque du week-end, j'en ai profité pour relire La Forêt mouillée de Victor Hugo. Il s'agissait d'une lecture commune avec Claudialucia qui, dans son billet ICI, évoque son ennui à la lecture de cette œuvre assez inclassable. J'avoue avoir été déstabilisée lors de la première lecture, l'an dernier. A la relecture, si la surprise est moindre, la compréhension n'a pas toujours été au rendez-vous... Mais je vais trop vite...
Cette toute petite comédie en un acte est la plus ancienne du recueil du Théâtre en liberté. Lors de la publication du recueil, en 1886, elle se trouve à la fin alors qu'aujourd'hui, elle l'ouvre, faisant suite au prologue. On y trouve un certain Denarius qui, sous ses airs de contemplateur lyrique, affiche surtout un comportement pédant. Le nom n'est d'ailleurs pas à son avantage puisque denarius, en latin, signifier "denier" dont la traduction française rime avec "niais" (l'étymologie vient des notes du Folio). C'est lui qui apparaît le premier sur scène, dans "une forêt après la pluie". Alors qu'il s'extasie sur l'orage et les herbes fraîches, animaux et végétaux entrent dans la danse et se mettent à vivre sous nos yeux.
Et ce sont ces éléments naturels qui me rendent conciliantes vis-à-vis de ce texte. Le verbe hugolien arrive à faire vivre la violette et le lys sans tomber dans la franche mièvrerie. L'ensemble reste délicat et l'on se prend à envier le baiser du papillon au lys. Chacun y va de son chant, du moineau à l'abeille, en passant par l'araignée qui aime les mouches. Les gouttes de pluie, en tombant, font du solfège tandis que le limaçon se dit financier. Seule ombre au tableau (qui est de taille, je vous l'accorde), on ne comprend pas bien où le dramaturge veut en venir... Mais peut-être ne faut-il voir dans cette piécette un simple jeu ! J'avoue ne pas avoir eu le temps de chercher plus loin. Peut-être lors d'une prochaine lecture ? Les cinq scènes permettent de nombreuses relectures, en sautant le ruisseau avec Margot !


Nathalie participait aussi à cette lecture commune.

vendredi 13 octobre 2017

R-A-T d'Halloween, 1ère partie

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     Pour celles et ceux qui ne seraient pas encore au courant, n'ayant pas la chance d'avoir un corbeau voyageur, nos deux sorcières Lou & Hilde ont concocté un RAT d'Halloween dans le cadre du mois éponyme. Alors bien sûr, chacun ayant ses faiblesses, j'ai succombé sans trop résister à l'attrait d'un we de lecture... 
   Les réjouissances commenceront à 21h dès ce soir et prendront fin dimanche soir à minuit. Ce billet sera donc actualisé régulièrement, au fur et à mesure de cet horrible marathon. Halloween oblige, il s'agit de lire des romans d'horreur, de fantastique, ou, encore mieux, ayant un lien avec la sorcellerie puisque c'est la thématique à l'honneur du mois halloween de cette année. Toutefois, cela reste très libre et comme nous étions invité à proposer des défis et/ou logos, je propose le défi 666. Il s'agit de lire durant le week-end :
- au moins 6h,
- 6 livres (on a le droit de comptabiliser les BD parce quand même...),
- 6000 pages, ou 600, ou 60 et si l'on est fatiguée, 6 pages !
Le logo est le suivant :
H - 3 minutes...
Comme il faut bien se préparer, j'ai sélectionné quelques ouvrages pour le week-end. J'ai également prévu d'en profiter pour terminer quelques lectures en souffrance. C'est totalement irréaliste mais soyons fous !

Vendredi 13 - 22H30 et un premier compte-rendu 

21H : top départ ! Je commence avec La Forêt mouillée de Victor Hugo que je reprends à la scène 2. Il fait partie des livres à terminer (qui sont hélas un peu nombreux en ce moment...). On ne peut souhaiter plus belle entrée en matière puisque tout chante, de la ronce au rosier qui s'adresse au papillon. Magie douce donc... propice aux rêveries fantasques. Assez vite terminé car c'est une œuvre courte (chose assez rare chez Toto Hugo, et qui mérite d'être signalée !). J'attaque ensuite la BD achetée pour l'occasion : La Malédiction des Rowans, un comics. Il s'agit d'une histoire de maison hantée, et je découvre en entamant la lecture les arbres "dule" où l'on pendait autrefois les sorcières, et les "boggarts", personnages malveillants du folklore anglais. Brrrr, une bonne BD horrifique qui prend tout à fait sa place dans le mois halloween ! 
Bilan de la soirée :
1H30 de lecture et 136 pages lues.

Samedi 14 octobre - J1
Je vais commencer les lectures du matin après avoir fait un petit tour chez les copinautes... J'ai tout de même commencé, dès potron minet, Le Clairvoyage d'Anne Fakhouri qui me réserve, je crois, une excellente surprise ! Cela commence bien, j'ai donc dévoré les 20 premières pages entre les tartines du petit déjeuner. Après un interlude marché, et un tour chez les marathoniennes, je vais pouvoir m'installer confortablement pour le continuer...

11H30 - Bilan de fin de matinée
Une petite heure de lecture très tranquille ce matin. J'ai commencé Suréquipée de Grégoire Courtois, un bon petit roman de SF, et continué Le Clairvoyage qui décidément m'enthousiasme. Il faudra que je vous en parle plus précisément !

29 pages de SF et 45 pages au total du livre de fantaisie d'Anne Fakhouri (74 pages pour la matinée). Je n'ai qu'une envie, continuer... après une petite pause repas-copinautes...

16H15 - Après la sieste...
Après une pause réparatrice, une nouvelle heure de lecture. Je continue mes deux romans et j'avance avec un enthousiasme toujours au rendez-vous ! Je pense que ces deux-là ne devraient pas résister au week-end...  Je n'ai pas encore comptabilisé les pages, je viendrai faire un bilan un peu plus détaillé en fin d'après-midi. Et vous ? 

18H - Bilan de fin d'après-midi, avant la soirée...
Bilan tout à fait satisfaisant puisque j'ai terminé Suréquipée. Je me suis concentrée sur ce roman que je n'arrivais plus à lâcher, je l'avoue. L'intrigue, qui se tisse autour du rapport de l'homme à sa voiture, est vraiment bien ficelée. J'ai tout de même lu un chapitre du Clairvoyage et vu qu'il y a une suite que je n'ai pas bien sûr : mince !  
Encore une heure livresque donc, avec au compteur : 125 pages pour Suréquipée et 47 pages pour Le Clairvoyage en tout dans l'après-midi. Après-midi qui aura donc été, malgré la longue pause, assez livresque, avec 2h de lecture et 172 pages lues, et un livre terminé.
Je vous retrouve tard ce soir car j'ai une sortie de prévue (il faut bien profiter un peu de cette chaleur inhabituelle pour la saison...).

20H15 - Soirée déjà bien commencée et pas de lectures en vue... Je vous laisse et vous retrouve demain. Je m'apprête à aller jouer les oiseaux de nuit, RAT halloween oblige ! Je ferai un petit bilan de la journée écoulée demain matin. Bonne soirée à toutes ! 

Dimanche 15 octobre - J2

     Après une soirée tout à fait agréable qui m'a fait oublier un peu mes livres, la nuit fut paisible... et le réveil un peu tardif ! Ce qui ne m'a pas empêchée de lire un peu en savourant mes tartines. Mais avant de vous parler des lectures du jour, le bilan de samedi :
3 heures de lecture et 246 pages lues. Je suis mal partie pour les 600 pages du défi 666 mais j'ai au moins atteint les 60 ;-) J'ai lu entièrement une BD et Suréquipée

Le programme du jour : je continue Le Clairvoyage et j'ai sorti quelques ouvrages de ma bédéthèque qui comporte quelques grimoires adaptés à ce RAT sorcier... Voyez donc :


 Ma présence sera peut-être un peu plus aléatoire aujourd'hui car, hélas, j'ai du travail... mais je vais tenter l'organisation maximum afin de garder du temps pour les copinautes et la lecture ! A bientôt chez vous...

Bilan à 11h15 - Une douce matinée
Démarrage en douceur, avec une heure de lecture et 55 pages lues (j'avance tranquillement Le Clairvoyage, entre corbeaux maléfiques, chats haineux et fées mauvaises ! (en revanche, côté travail, nada, la soirée s'annonce studieuse...). Tout cela m'amuse beaucoup... Et vous ?

17H15 - Un après-midi tranquille et des objectifs un peu en berne... pour un moral en hausse 😸
A l'heure où je donne quelques nouvelles, j'ai réussi à ajouter une heure de plus de lecture à cette 2e journée de RAT. Entre les pauses, les rêvasseries, les "petits" tours dehors et le retour de Monsieur Margotte suivi par un charmant goûter de retrouvailles, vous pensez bien que les objectifs sont revus à la baisse. Je ne vous parle même pas du travail qui attend toujours... 
J'ai relu la très belle bande dessinée de Bonet & Munuera, Le Signe de la lune (129 pages) et avancé de 17 pages Le Clairvoyage (= 146 pages pour l'après-midi et une BD lue). Par sûr que j'arrive au bout aujourd'hui... je suis à la moitié du roman environ.
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 Je vous retrouve dans la soirée pour la suite de cette horrible journée...

20h15 - La soirée commence !
J'ose à peine évoquer la fin de l'après-midi puisque je n'ai pas tourné une page. Il a bien fallu se mettre au travail (et encore, je suis clairement en retard)... Mais après les efforts (pas trop intenses, les efforts), le réconfort. La soirée sera donc destinée à la lecture ! Mais avant, petite pause série horrifique, ou film, j'ai encore du mal à me décider et à trouver quelque chose qui me convienne pour la soirée. Je vous retrouve plus tard. Bonne soirée livresque... on a encore jusqu'à minuit. Allez les filles ! allez les filles !


21H45 - Un film génial !
J'ai finalement opté pour le film Les Frères Grimm de T. Gilliam, un excellent choix. J'ai regardé la moitié environ et pour garder du temps de lecture, je viens seulement vous faire profiter de quelques images bien dans le goût du jour :
Je compte bien regarder la suite dans la semaine et vous en parler car il vaut le détour pour qui aime s'amuser avec les contes. Je vous dis à demain... je coupe tout afin de pouvoir me consacrer à la lecture !

BILAN DU RAT
Hier soir, après la plaisante séance cinématographique, j'ai réussi, en une heure trente environ, à terminer cahin-caha Le Clairvoyage... Une centaine de pages lues. Je vais essayer de vous parler, dans la semaine, de ce livre (je prévois un billet spécial "livres du RAT" car je ne vais pas avoir le temps de proposer un billet/livre, impossible !). 
Du côté du défi 666, une partie des objectifs sont atteints, voire dépassés :
- 8 h de lecture en tout,
- 683 pages lues (une belle surprise !)
- 5 ouvrages lus (La Malédiction des Rowans, La Forêt mouillée de Toto Hugo, Suréquipée de G. Courtois, Le Signe de la lune et Le Clairvoyage). 2 BD donc, une pièce de théâtre et deux romans. 
Un bilan tout à fait satisfaisant, qui se marie bien avec l'ambiance très agréable de ce RAT. 
Je garderai en mémoire les échanges très sympathiques avec les copinautes et, entre autres : les encouragements fébrile de Syl. qui a parfois délaissé son chaudron pour venir nous réveiller, les aventures de "Lardon Premier", le retour en fanfare de L'Or en pleine forme pour ce RAT, le défi bougie de Hilde, le nom de la vilaine plateforme envoûtée (un nom à ne pas prononcer s'il vous plaît) qui a empêché nos deux grandes prêtresses de publier leur billet de suivi dès vendredi soir et les belles illustrations de Lili Goth vues chez Clarabel...
Merci encore à Hilde et Lou pour l'organisation. On recommence quand ?


Les billets des copinautes sont ici (tout le monde peut aller les encourager) :
Arieste
Kiona Seelie

lundi 9 octobre 2017

La Fuite de Paul-Bernard Moracchini


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     Entre mes deux déceptions de la rentrée littéraire 2017 (pour les plus courageux, billets ici et ), il y a eu la lecture fébrile de La Fuite de Paul-Bernard Moracchini, écrivain niçois. Après des vacances passées loin du monde et des "réseaux", qu'ils soient hertziens ou numériques, ce premier roman ne pouvait que me parler. En effet, il s'agit de l'histoire d'un homme qui décide de fuir la société moderne pour partir, nouveau Walden, vivre au fond des bois. Le roman s'ouvre donc sur son départ en train. Les contemporains de cet homme en fuite (on ne sait trop, au départ, quel est le sens de cette échappée) ne trouvent décidément pas grâce à ses yeux. Son regard sur eux mélange mépris et lucidité, mais aussi une sévérité intransigeante : "Ce qu'il y a de terrible... c'est qu'ils auront beau la suer toute leur vie, cette médiocrité, jamais ils ne l'élimineront, jamais !".
   Ainsi, le ton est donné. C'est avec un sens de la comparaison acerbe et cinglant que notre ermite part rejoindre le domaine forestier : "une fourmilière sous la pisse, c'est comme un cortège sous l'orage", lance-t-il, en route vers une hypothétique libération.
   Arrivé au fond de ses bois, il s'installe dans une vieille cabane et va vivre de la chasse. Au cours de ses nombreuses marches en forêt, il va rencontrer un chien qui va devenir son compagnon et qu'il va baptiser Lione. C'est d'ailleurs la chasse qui va donner la scène la plus marquante du roman, celle de la rencontre avec un "maquin", vieux sanglier rusé qui a plus d'un tour dans son sac. Mention spéciale ici à l'utilisation intelligente, et poétique parfois, de mots venus du fond des âges, mots de la chasse ou de la langue d'oc. Ils disent la nature, les arbres qui parlent et les sentiers empruntés par les bêtes. Et le lecteur les emprunte, ces sentiers, happé qu'il est par l'histoire de cet homme solitaire. Et tout en suivant la mise en place de son "économie de subsistance", on découvre petit à petit son ancienne vie. Des fragments de vie épars permettent de reconstruire ce qui a pu le mener à ce départ radical
   Mais de manière subtile s'opère un changement qui nous fait ensuite basculer dans une histoire qui m'a rapidement fait penser au Horla de Maupassant. Alors bien sûr, ceux qui connaissent ma passion pour le grand romancier naturaliste, se doutent que cela n'aura pas gâché mon plaisir... mais n'aura fait que le renforcer ! Je ne vais pas vous dévoiler plus avant cette histoire "d'âme perdue"... Je vous invite simplement à vous précipiter sur cette petite perle de la rentrée littéraire, qui propose une vraie réflexion tant sur la société contemporaine que sur notre capacité à nous en éloigner. Un petit roman de 150 pages qui a du coffre, lu en une journée, et qui tisse encore sa toile autour de ma mémoire. Autour de lui volètent quelques mots inconnus comme "draille", "maquin", "banne", ils sentent bon les sous-bois et les feuilles mortes qui craquent sous les pattes d'un chien trottinant dans la brume du petit matin...

https://delivrer-des-livres.fr/challenge-rentree-litteraire-2017/

samedi 7 octobre 2017

Les Talons rouges d’Antoine de Baecque

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     Un roman historique qui se déroule durant la Révolution française, cela ne se boude pas. C’est donc avec enthousiasme que j’ai commencé ce livre d’Antoine de Baecque, historien ayant déjà consacré une trilogie à cette période historique aussi passionnante que foisonnante (Le Corps de l’histoire, La Gloire et l’Effroi et Les Éclats du rire).
   La lecture des cinq premiers chapitres a été très agréable, réservant une surprise de taille : les « talons rouges » se révèlent être des vampires. Il s’agit de la famille Villemort (il faut reconnaître que leur nom les prédestine à se vouer à la Grande Faucheuse), une lignée de nobles unis par leur goût pour le sang. Toutefois, dans le tourbillon révolutionnaire, les différents membres de la famille se rangent dans des clans différents. Ainsi, William, l’oncle revenu des Amériques, prend parti pour la République naissante. Accompagné par un esclave affranchi, Télémaque, il épouse la cause des abolitionnistes. Louis, son neveu, s’exalte dans un tourbillon d’actions tout autant que dans une histoire d’amour. 
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Lestat le vampire (film)
   Il faut avouer que l’ambiance fin de règne se prête particulièrement bien au carnage vampirique. La fureur révolutionnaire se marie à merveille avec la soif de sang qui caractérise les non-morts aux dents longues. Les cent premières pages, baignées dans une aura sulfureuse, se lisent assez fébrilement. Leur intérêt s’ancre dans la découverte du contexte historique mais doit aussi beaucoup au personnage d’Eugénie, lisez donc :
« Au moment où il jouit et où elle plante, dans le même instant exactement, ses deux incisives dans la veine, l’homme voit, dans un ultime éclair de lucidité, le visage et le haut du corps d’Eugénie se couvrir de rides, de plaques sombres, la peau s’asséchant immédiatement comme un parchemin et les cheveux prenant à toute vitesse une couleur grisâtre. La jeune femme se métamorphose soudain : elle est devenue immensément vieille, se revêtant d’une beauté flétrie, revenue de très loin, héritée des temps immémoriaux. »
   Hélas, tout se corse à partir du sixième chapitre qui nous fait entrer de plein pied dans l’histoire révolutionnaire, si bien que l’on ne sait plus très bien si l’on se trouve dans un roman ou dans un livre d’histoire. Les détails historiques deviennent si nombreux que l’on perd contact avec les personnages. L’action révolutionnaire remplace la vie des êtres fictifs et le lecteur décroche, ayant perdu le fil qui le reliait aux « petites bobines vivantes ». Autant la lecture de la première partie m’a enthousiasmée, autant la suite m’a ennuyée, si bien que j’ai fini par refermer le livre, après plusieurs reprises et abandons.
   C’est vraiment dommage car l’idée était excellente et l’auteur possède un véritable talent pour faire revivre l’histoire. Toutefois, la composition d’un roman historique se tisse sur un savant dosage Histoire/fiction qui n’est pas facile à manier… Il s’agit ici d’un premier roman, on peut donc penser qu’il n’a pas été facile de trouver la subtile alchimie qui permet au lecteur d’entrer complètement dans le récit… et d’y rester !
   Il y a pourtant de très bons moments, comme ce passage de la page 173 où la métaphore fantastique reprend le dessus, tout en disant beaucoup sur la marche révolutionnaire, mortelle à plus d’un titre (c’est le cas de le dire) :
« Les zombies vaudous portent une revendication (on parle ici des esclaves affranchis qui hantent les pavés parisiens) : ils sont là, de plus en plus nombreux, pour dévorer les vivants, c’est-à-dire la chair de la France trop riche des planteurs, des colons et des rentiers, qui refusent de voir la misère, l’esclavage, refusent d’arrêter la traite des nègres. Cette zombification est à la fois terrible, échappant aux forces de la raison, et exemplaire, car elle porte la justice et la réparation de la pire des violences. (…) Tant qu’il n’y aura pas abolition et réparation, il n’y aura pas d’espoir de rémission. »

http://www.myloubook.com/archive/2017/09/30/le-recapitulatif-du-challenge-halloween-2017-5984861.html

   Cette lecture abandonnée m’a surtout donné envie de me replonger dans l’Histoire de la Révolution, ce qui n’est déjà pas si mal ! Merci donc aux éditions Stock pour cet envoi qui prend tout naturellement sa place dans le challenge Halloween organisé par Hilde et Lou… On ne pouvait trouver meilleure entrée dans le mois frissonnant !….
L'avis (négatif aussi) d'une bibliothécaire ICI.

https://delivrer-des-livres.fr/challenge-rentree-litteraire-2017/

dimanche 1 octobre 2017

Lecture commune - Les Contes d’Andersen



     Voilà une lecture qui m’a réservé bien des surprises ! Tout d’abord concernant la biographie du conteur. Car Andersen n’était pas seulement conteur. Tenant ces textes pour des écrits mineurs, il fut également dramaturge, poète, romancier, journaliste mais aussi autobiographe, tout en étant un diariste régulier qui laissa un Journal intime de 4500 pages (encore plus fort que Gide) ! 

Il a rédigé 173 contes et nous ne connaissons, le plus souvent, qu’une part infime de sa production. La première série est publiée en 1835, il a alors 30 ans. Deux petits ouvrages  de Contes racontés aux enfants (on y trouve, entre autres, « La Princesse au petit pois ») paraissent et il va être fort surpris par le succès qu’ils rencontrent !

   Andersen est né à Odense, en Fionie, au Danemark. Fils d’un cordonnier et d’une lavandière, l’homme était présenté comme assez étrange, solitaire et présentant un physique particulier, tout en longueur (on pense à sa description de L’Ombre dans le conte éponyme). Issu d’un milieu pauvre, il dut très tôt apprendre à se débrouiller seul. L’héritage familial est plutôt corsé : une mère qui deviendra alcoolique, un grand-père fou, un tante prostituée, etc… Cela ne l’empêchera pas, à 13 ans, de monter à Copenhague, la capitale. Aidé par des protecteurs, il y sera tour à tour chanteur, danseur, acteur. A 17 ans, il entre au lycée. Il y souffrira terriblement de la différence d’âge avec ses camarades. C’est en 1831 qu’il entreprend un premier voyage, en Allemagne. Il en rapportera un récit de voyage et une passion pour cette activité qui marquera son existence. De 1833 à 1835, il voyage dans toute l’Europe et rencontre Victor Hugo, H. Heine, Bertel Thorvaldsen (un grand sculpteur islandais). Ce périple lui inspire L’Improvisateur, le roman qui va consacrer son succès. En 1840, il tombe follement amoureux de Jenny Lind, « le rossignol du nord », une cantatrice suédoise, mais cet amour n’est pas réciproque. Il sera à l’origine des contes comme « Le Rossignol » ou « L’Ange ».
Jenny Lind

   Dans sa préface de 1993 pour l’édition Folio, Régis Boyer insiste sur la manière dont les contes (et ses autres textes) sont marqués par une « subjectivité triomphante et écrasante ». On comprend mieux alors les motifs récurrents qui renseignent sur les obsessions de l’auteur. Hans Brix dira même de lui qu’il a peint plus d’autoportraits que Rembrandt lui-même… Cette soif de se dire se couplait avec un amour des distinctions lié à son désir de reconnaissance (relire « Le vilain petit Canard »…).

   Il faut rappeler également qu’Andersen s’inscrit dans une longue histoire, celle de la riche histoire littéraire des Scandinaves, commencée avec les sagas islandaises. Nos amis d’Europe du Nord présentent une verve narrative qui ne s’est toujours pas démentie et on retrouve chez le conteur qui nous intéresse les thèmes qui lui sont propres : le culte de la nature, la magie, les êtres merveilleux (elfes, trolls…). Les arbres y trouvent une place de choix comme dans le triste conte intitulé « Sous le saule ». 
Librería el Kiosko: Hans Christian Andersen
Andersen

   L’auteur meurt en 1875, d’un cancer du foie. Le roi du Danemark viendra le voir alors qu’il est alité. Il avait 70 ans et il aura passé 9 ans de sa vie à voyager en Europe ! Ses derniers mots tracés à l’écrit seront pour son Journal.  
   L’édition proposée par Régis Boyer, chez Folio, propose une sélection de contes (31 sur les 173 connus) qui sont classés dans l’ordre de leur publication. On y trouve bien sûr les histoires les plus connues comme « La Princesse au petit pois », « La Petite sirène », « La Petite fille aux allumettes », etc. La première surprise de cette lecture aura été de découvrir des contes beaucoup plus noirs que le sont les adaptations proposées de ces textes. « La Petite Sirène » par exemple, s’avère d’une tristesse qui nous éloigne à pas de géant de la mièvrerie de Walt Disney. On se prend d’ailleurs à penser que l’on ne raconterait pas toutes ces histoires à des enfants. La deuxième surprise s’est nichée dans la poésie de textes qui, tout en étant très fluides et d’une lecture aisée, proposent un univers où la fantaisie s’infiltre partout. C’est un monde qui chante et qui parle. L’aiguille comme le bouquetin parlent, chantent ou philosophent encore mieux que les pauvres humains qui se débattent dans un monde qui les dépasse. Et dans ce monde, la Nature s’avère souvent la plus forte. Pour s’en convaincre, il suffit de lire « La Vierges des glaces », superbe texte que je suis ravie d’avoir enfin lu. Ode à la joie de vivre, ce conte ramène aussi l’humain à sa juste mesure face à la montagne et au froid. Il nous rappelle qu’il n’est pas toujours bienvenu de vouloir défier les éléments. Enfin, surprise de taille, la noirceur extrême de certains contes qui s’apparentent au genre du romantisme noir. J’ai ainsi particulièrement goûté « L’Ombre » qui propose l’histoire d’un homme dont l’ombre va prendre vie. On y plonge dans un fantastique gothique mâtiné de poésie. Pour conclure, j’ai voyagé avec délices dans cet univers où les arbres voyagent et où les vilains petits canards finissent par se transformer en cygnes magnifiques. Si vous en avez l’occasion, ne vous privez pas de cette lecture ! 
Lecture commune : les billets de Claudialucia et Nathalie.
https://bruitdespages.blogspot.fr/2017/07/challenge-litterature-nordique.html
Et j'avais oublié que ce billet entre aussi dans le challenge romantique de Claudialucia...

jeudi 21 septembre 2017

Lectures communes pour le challenge nordique



       Bonjour à toutes et tous,
     Alors que l'automne pointe le bout de ses feuilles dorées, je viens vous proposer quelques lectures communes pour le challenge nordique, en attendant l'hiver qui sera marqué par les polars venus du froid. Je vous propose donc un livre par mois jusqu'au 21 décembre :
- pour le 1er octobre, je vous rappelle que les Contes d'Andersen sont au menu.
Participantes : Margotte, Nathalie et Claudialucia. 

- J'avais évoqué une pièce d'Ibsen. Je propose de lire Une Maison de poupée pour le 15 novembre.
Participantes : Margotte, Nathalie, Adrienne et Maryline. Claudialucia nous suit pour une autre lecture d'Ibsen, ayant déjà lu Une Maison de poupée.

- Et pour marquer le solstice d'hiver, j'ajoute pour le 21 décembre Le Palais de glace de Tarjei Vesaas.
Participantes : Margotte et Anne. Claudialucia nous suit pour une lecture de Tarjei Vesaas (titre non encore choisi).

   Alors bien sûr, vous pouvez vous inscrire (inscription sur ce billet) même si vous ne participez pas au challenge nordique ! Vous pouvez même utiliser le logo concocté tout spécialement pour l'occasion.
Bonnes lectures et bonne fin de semaine,
Margotte




dimanche 10 septembre 2017

Je voyage seule de Samuel Bjørk


   Pour une fois, je suis d’accord avec une citation hyperbolique d’une quatrième de couverture. « Le nouveau phénomène de la littérature scandinave policière ! » s’extasie un journaliste de L’Éveil normand. Et il faut reconnaître que pour un premier roman, c’est un coup de maître. Il peut rivaliser sans problème avec ses concurrents pourtant nombreux…

L’histoire

Une fillette est retrouvée assassinée. Elle a été pendue à un arbre avec une corde à sauter et porte autour du cou une pochette avec un message - comme celle que promènent les enfants seuls dans les avions – qui annonce : « Je voyage seule ». Plus étrange, elle porte des habits totalement désuets qui paraissent tout droit sortis d’un conte où évoluent des princes, des princesses, mais aussi de vilains ogres ! Ce crime odieux va mettre la Norvège en émoi, d’autant plus qu’il va vite être suivi par d’autres meurtres du même genre. 
 

Trois bonnes raisons pour le lire


  • Les personnages. Je me suis attachée immédiatement aux personnages qui composent l’équipe policière. Il y a Holger Munch, policier bourru comme je les aime. Son ancienne collègue, Mia Kruger, trimbale des casseroles et une histoire compliquée mais intéressante. Munch l’a sortie de l’île d’Hitra où elle était partie panser ses plaies. Ce sont surtout ces deux-là qui occupent le devant de la scène dans ce premier opus mais l’on devine de Gabriel, le hacker asocial, présente un potentiel qui ne manquera pas d’être développé dans les histoires à venir.
  • Le dynamisme narratif. On ne s’ennuie pas et sans parler de page turner, on est happé à la fois par l’enquête et par le passif des personnages principaux que l’on prend plaisir à découvrir. Il y a bien quelques poncifs du polar mais j’ai envie de dire que cela fait un peu partie du jeu et qu’ici, ils permettent de mieux s’installer  dans le genre…
  • Les milieux décrits. J’ai trouvé l’utilisation de la religion originale. Apparaît en effet dans ce premier volume une secte. Mais l’on navigue aussi du côté des maisons de retraite et l’auteur fait assez bien passer le désarroi qui règne parfois dans ce genre de « maison ».

  L’auteur, de son vrai nom Frode Sander Øien, a écrit deux autres romans. Il a de nombreuses cordes à son arc puisqu’il est également dramaturge, peintre, chanteur et compositeur. Le Hibou, son deuxième polar, est sorti en grand format en 2016, et un troisième opus vient de sortir en traduction anglaise seulement. J’attends donc avec impatience la version poche de la deuxième enquête du duo Mia-Holger ! Avec un peu de chance, cela sera pour cet été (billet rédigé avant l'été, et hélas, j'attends toujours la sortie en poche...).


https://bruitdespages.blogspot.fr/2017/07/challenge-litterature-nordique.html

samedi 2 septembre 2017

Notre vie dans les forêts de Marie Darrieussecq

     Difficile de parler de ce roman sur lequel j'ai un avis mitigé. Commençons par les points positifs car il y en a. Tout d'abord le genre. Marie Darrieussecq nous propose ici une dystopie avec un roman qui pourrait très bien trouver sa place en Folio SF. On sait qu'elle aime jouer avec les frontières génériques puisque son premier roman, Truismes, histoire d'une femme qui se transforme en truie, lui a permis d'obtenir le succès que l'on sait. Elle nous propose ici l'histoire d'une femme qui écrit du fond d'une forêt (remarquez combien cela évoque le personnage principal du Paradoxe de Fermi...). Cette femme, avant de se transformer en survivaliste sylvestre, était psychologue. Elle recevait un patient surnommé "le cliqueur" qui lui posait d'étranges questions et qui, du jour au lendemain, a disparu. Cette femme vit dans un monde ou de nombreuses personnes ont des "moitiés", des humains dont les corps servent de réceptacles aux organes qu'ils contiennent afin de pouvoir servir à des greffes. Vous l'avez compris, il s'agit de clones. Je ne vais pas donner plus de détails concernant l'intrigue afin de ne pas dévoiler ce que l'on découvre petit à petit, par le biais du récit à la première personne de la narratrice. 
   Alors bien sûr, l'intérêt réside dans la réflexion proposée sur le monde que pourrait bien nous préparer la technologie le jour où la science sera définitivement sans conscience... et donc ruine de l'âme. J'ai particulièrement aimé tout ce qui touche aux corps. La romancière s'est attachée à décrire la manière dont les corps peuvent être modifiés, transformés (retour à Truismes), mais aussi marchandisés. Jusque là, rien à dire. Elle propose également une vision du rapport au "réseau" que j'ai trouvé particulièrement intéressante :
"Mais on peut se déconnecter de l'intérieur aussi. Il faut trouver sa chambre intérieure. Ne penser à rien, rien, pendant quelques minutes, fait déjà vaciller la connexion. Ne répondre à aucune sollicitation, n'effectuer aucune mise à jour, ne processer aucune information, ne réagir à aucun manque même quand ça devient insupportable, même quand l'ennui se mue en une douleur physique. Passer ce cap. (Je ne dis pas que ce soit facile.) Dézoner le cerveau."
   Mais, malgré l'intérêt que peut présenter ce roman, j'ai eu du mal à entrer rapidement dans le récit, sans doute à cause du style. L'effet présent + langage familier, assorti à des paragraphes courts qui peuvent se limiter à "Bref", rend la lecture heurtée. Alors bien sûr, on pourra me répondre que la pauvre femme se trouve dans la forêt et que la structure narrative renvoie à sa situation. Peut-être, mais les séries de phrases du genre "Parce que ça ne va pas. C'est pas bon, là, tout ça. Pas bon du tout.", m'ont plusieurs fois fait refermer le livre.
   Enfin, pour conclure, je pense que ma perception a été influencée par une autre dystopie lue en juillet : La Servante écarlate. Et là, il faut avouer que ce roman ne tient absolument pas la distance par rapport à la richesse du grand classique de Margaret Atwood... 

La critique enlevée de l'équipe du Masque et la Plume ICI.
https://delivrer-des-livres.fr/challenge-rentree-litteraire-2017/

mardi 29 août 2017

Snor de Ragnar Jonasson

     Oyez oyez, lecteurs et lectrices des polars venus du froid ! Vous avez trop chaud ? Rien n'est venu refroidir votre été caniculaire ? Vous transpirez sans l'ombre d'un glaçon à l'horizon ? Votre belle-mère vient d'arriver en même temps que le dernier bulletin météo qui annonce 36° à l'ombre ? Vous préférez la lecture au buzz médiatique ? Vous souhaitez fuir la rentrée et son cortège d'énervé(e)s ? Détendez-vous ! ce nouvel auteur venu tout droit de l'Islande est pour vous ! Je vous garantis avec cette lecture deux ou trois jours frissonnants, entre congères et blizzards polaires. 
   Comme l'annonce le sous-titre du roman, il s'agit d'un "huis-clos à l'islandaise". Il se déroule à Siglufjördur, une petite ville perdue au nord de l'île. Ari Thor, jeune étudiant de l'école de la police vient de terminer ses études. Après un parcours un peu étonnant puisqu'il a suivi des études de philosophie avant de se diriger vers la théologie, il a finalement opté pour le "concret", abandonné l'étude des religions et le voilà fraîchement émoulu de l'école de Reykjavik. Alors que se profile la crise économique, on lui propose un poste à Siglufjördur, poste qu'il accepte, le considérant comme une opportunité face au contexte politique du pays. Quittant sa petite amie qui fait des études de médecine dans la capitale, il se retrouve seul dans une petite ville où chacun se connaît et où il va être surnommé "le révérend". Alors que l'hiver arrive et qu'Ari commence à faire des crises de claustrophobie, deux crimes vont venir perturber la petite ville nordique. Un vieil écrivain œuvrant pour le théâtre local est retrouvé mort après une chute "accidentelle" dans les escaliers et une jeune femme est retrouvée à moitié nue dans la neige, dans son jardin. Alors que la lumière baisse, la tension monte... et un nouvel auteur est né ! La suite des aventures d'Ari Thor est déjà disponible chez La Martinière avec Mörk dont le premier chapitre, proposé à la fin du poche, est plutôt alléchant...

https://bruitdespages.blogspot.fr/2017/07/challenge-litterature-nordique.html

samedi 26 août 2017

Des nouvelles concernant la lecture commune des contes d'Andersen, entre autres...

Source de la photo ICI
   Dame Margotte cherche un nouveau nid ! Or, ayant chanté tout l'été, de peur de se trouver fort dépourvue lorsque la bise sera revenue, elle s'active pour trouver un lieu qui veuille bien accueillir ses nombreux livres... Autant dire qu'elle dispose de peu de temps pour lire, hélas... Tout cela pour vous dire qu'elle se voit obligée de repousser le délai pour la lecture commune des Contes d'Andersen initialement prévue pour le 31 août. Elle propose donc un report au 1er octobre. Cela va peut-être arranger les participantes, Nathalie et Claudialucia.
   Durant ce délai, de nouvelles inscriptions peuvent se faire bien sûr (sur ce billet ou le billet initial de la LC) ! Alors n'hésitez pas à vous joindre à nous. Lire l'original de "La petite sirène", ou des contes aussi délicieux que "Le Rossignol", c'est un vrai plaisir. 
Bon week-end à tous et toutes !